L'une des dernières légendes du blues, avec John Lee Hooker et Muddy Waters, s'est éteinte le 16 juillet dernier en pleine tournée à Zurich en Suisse. Selon la légende, c’est sa couleur de peau qui a mené Johnny Winter au blues. Albinos, le Texan dont les petits camarades moquaient la pâleur, aurait trouvé refuge dans la complainte du peuple noir. Et comme tous les amoureux de la note bleue, et les héros mythique de cette musique, Johnny Winter en avait fait sa foi, un remède et un fardeau.
 
 
 
 
 
Johnny Winter avait commencé sa carrière à l'âge de 15 ans avec le titre School Days Blues, enregistré avec son frère Edgar. Après un premier album confidentiel, The Progressive Blues Experiment (1968),il rencontre Mike Bloomfield, star de la guitare qui l’invite sur la scène du Fillmore East où il doit jouer avec son compère le pianiste Al Kooper. Winter interprète le It’s my own fault de son héros, BB King. Ce blues rock lancinant de 12 minutes (trouvable sur le disque Fillmore East: Al Kooper and Mike Bloomfield. The Lost Concert Tapes 12/13/68) tape dans l’oreille des agents de la Columbia qui accompagnent Bloomfield et Kooper.
 
 
 
Coup sur coup, trois albums lumineux sont publiés: Johnny Winter, Second Winter (1969) et Johnny Winter and... (1970) qui le font connaître du grand public, Winter, qui est de l’aventure Woodstock, vit cette même existence rock’n’roll qui, dans ce tournant 60/70, a raison de Brian Jones, Janis Joplin, Jimi Hendrix, Jim Morrison. il frôlera la même mort. Sa tournée s’arrête à l’automne 1970, quand à la fin d’un concert, il quitte la scène pour se rendre directement en cure afin de se débarrasser de ses addictions, notamment à l’héroïne. Dure à croire que Winter était dans un tel état à l’écoute de Live Johnny Winter And, compilation d’une petite dizaine de morceaux, capturés lors des concerts de cette époque. Son jeu de guitare conjugue une finesse blues, une précision technique remarquable à une énergie renversante. Son hiatus durera deux ans, et Winter reviendra avec un album au titre en forme de pied de nez: Still alive and well (toujours vivant et en bonne santé).
Johnny Winter reprenant le Jumpin' Jack Flash des Rolling Stones en 1974 à la télévision britannique.
A la fin de la décennie, Johnny Winter collabore avec son idole Muddy Waters pour les albums Hard Again (1977) et King Bee (1981). En 2011, il sort Roots, premier album depuis sept ans, dans lequel il rend hommage aux bluesmen qui l'ont inspiré. Le dernier album de celui qui fut classé soixante-quatorzième dans la liste des cent meilleurs guitaristes de tous les temps par le magazine Rolling Stone, sortira le 2 septembre.